Samedi 15 mai 2010
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Conférence médicale: les bienfaits du régime Méditerranéen et du poisson pour la santé
Répondant à l'invitation de Robert CRAUSTE, le Docteur
Mariette GERBER, référente nationale sur la question, est venue vanter les mérites pour la santé du régime Méditerranéen et du poisson.Vous trouverez ci joint un résumé de sa
présentation.
L’alimentation méditerranéenne : La place des produits de la mer
Dr.Mariette Gerber
Centre de Recherche en Cancérologie
Centre régional de Lutte contre le Cancer Val d’Aurelle-Paul Lamarque
34298 Montpellier cedex 5
Les anthropologues de la nutrition se plaisent à décrire la diversité alimentaire dans ces régions que l’on
aille du Nord au Sud ou de l’Ouest à l’Est. Les nutritionnistes ont su reconnaître dans cette diversité apparente les aliments et nutriments essentiels pour élaborer le modèle méditerranéen. Les
épidémiologistes ont conforté la relation d’un tel modèle aux effets bénéfiques sur la santé.
Un apport énergétique, en équilibre avec les dépenses (activité physique) résultant en un taux faible de
surpoids et d’obésité doit être considéré comme le cadre général de ce modèle.
Les fruits et de légumes qui participent largement au modèle méditerranéen contiennent des fibres,
des minéraux, et des vitamines, Les fibres participent à la faible densité énergétique des légumes, diminuant ainsi le risque d’obésité donc des maladies cardio-vasculaires , de diabète de type
II et de cancers, en particulier de cancers du côlon et du sein comme le montrent de récentes études. Les minéraux qui participent à l’équilibre alimentaire : potassium, important pour une bonne
régulation de la pression artérielle, magnésium et calcium dans un bon équilibre permettant une absorption et une fixation optimales du calcium. La grande variété d’anti-oxydants que contiennent
ces produits végétaux (vitamines C, E, caroténoïdes, et divers micro-constituants comme les composés phénoliques) sont en partie responsables de ces effets sur les maladies cardio-vasculaires et
les cancers, mais aussi sur d’autres pathologies liées au vieillissement comme la cataracte..
Le modèle méditerranéen ne saurait exister sans l’huile d’olive , dénominateur commun des alimentations
méditerranéennes.
A côté de l’acide oléique de l’huile d’olive dont on a dit les qualités, on constate un apport faible en
acides gras saturés, dont on recommande un apport modéré (8 à 10% de l’apport énergétique total) étant donné leur effet défavorable sur la cholestérolémie. La consommation plutôt faible de
produits animaux, et notamment de ceux riches en ces acides gras viandes et produits laitiers explique ce faible apport.
Par ailleurs, l’alimentation méditerranéenne est riche en acides gras w 3 : les poissons, notamment les
poissons gras (sardines, anchois, maquereaux) sont largement présents, frais sur le littoral, séchés et saumurés dans l’arrière-pays : que l’on pense aux nombreuses recettes à base de morue
séchée, toujours présente sur nos marchés, mais aussi maquereaux et sardines. C’est dans les produits de la mer que l’on trouvera ces acides gras w 3 à longue chaîne (AGPI w 3-LC), qui sont des
acides gras essentiels pour le bon développement neurlogique du fetus et de l’enfant et qui sont doués de propriétés anti-hypertriglyceridémiques, anti-aggrégantes plaquettaire,
anti-inflammatoires et anti-promotion et croissance tumorale. Ces dernières propriétés font que les AGPI w 3-LC et par conséquent les poissons font partie de la prévention nutritionnelle des
maladies cardio-vasculaires, de certains cancers, le cancer colo-rectal notamment, mais aussi d’affections du système nerveux et des fonctions neurologiques, telles le vieillissement cognitif, la
dépression, la dégénérescence maculaire liée à l’âge.
Certains ont pu s’inquiéter de la contamination possible des poissons par les métaux lourds et les PCB,
perturbateurs endocriniens. Ces derniers peuvent atteindre des niveaux importants dans la Baltique, l’Atlantique Nord-Est et la baie de Saône, ils sont moins présents en Méditerranée, qui peut
cependant comprendre des zones contaminées par les métaux lourds et notamment le mercure. Cependant, depuis les lourdes contaminations de Minamata, des études épidémiologiques ont montré que, en
ce qui concerne le développement neurologique de l’enfant, l’effet favorable des AGPI w 3-LC surpasse le possible effet délétère du mercure.
Enfin, il faut savoir que les poissons gras contiennent aussi de la vitamine D, et sont là aussi
pratiquement le seul apport alimentaire de vitamine D, si l’on met à part le lait enrichi de vitamine D.
Ainsi nous recommandons la consommation au moins 2 fois par semaine, et mieux 3. Cela peut aussi
paraître contraire aux préoccupations environnementales de protection des ressources halieutiques. C’est pour cela, qu’il faut envisager le développement d’une aquaculture de
qualité.