Dimanche 23 août 2009
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Nous fêtons cette année les quarante ans de Port Camargue. Voici près de trente ans, je vissais ma plaque sur le plus grand port de plaisance d’Europe, ce quartier si
spécifique du Grau du Roi, encouragé par un ami d’enfance, Jean Pierre CAZALS, chef du Spinnaker. Jeune médecin généraliste séduit par la conception exceptionnellement moderne de cette cité
marine, c’est avec enthousiasme que je m’y installai, après avoir poursuivi des études à Montpellier et à Nîmes.
La première personne que je rencontrai, pour lui faire part de mon projet d’implantation, fut le Docteur Jean BASTIDE, alors maire du Grau du Roi. Il fut très accueillant et très favorable
à mon idée. Il faut se souvenir que, c’est par sa volonté associée à celle de Jean LASSERRE, qu’a pu se réaliser Port Camargue. Ce ne fut pas facile et nombreux se souviennent que l’actuel
député maire, alors conseiller municipal d’opposition, s’était prononcé contre ce projet. Je rendais aussi une visite de courtoisie confraternelle au docteur Gilbert DE PAVANT, pionnier dans
le quartier, pour lequel je garde toujours le plus grand respect.
J’allais, du fait de mon métier d’abord et de mon engagement public ensuite, être le témoin et l’acteur de l’évolution du quartier. D’une marina à l’identité balnéaire, ce qu’elle est avant tout
et toujours, la station devenait peu à peu un lieu de vie et un lieu d’existence à l’année.
Il est à noter qu’à mon arrivée, on y comptait près de 800 habitants et qu’aujourd’hui ce sont près de 2000 habitants qui y résident. Je pensais en 1982 que l’essor démographique serait
plus rapide, il a été finalement assez lent. Il a connu incontestablement des coups d’accélérateur avec la réalisation des lotissements communaux et privés. Une nouvelle génération de
propriétaires, notamment dans les marinas, a accédé chèrement à cet habitat si particulier avec la volonté d’en faire des résidences principales. Avant cela, nous avions assisté à une longue et
difficile gestation de la vie résidente. J’étais personnellement navré d’entendre qualifier le lieu où j’avais choisi de vivre et de travailler de « Port Macabre » ou encore de recevoir
dans mon cabinet des hommes et des femmes nouvellement arrivés pour vivre à l’année, le plus souvent en début de retraite, exprimer un mal-être. Eux qui avaient vécu tant de jours heureux
lorsqu’ils y venaient en vacances, avaient tendance à déprimer.
Il restait donc à réussir dans ce cadre paradisiaque conçu pour des vacances de rêves le « bien vivre » et le « vivre ensemble » toute l’année. C’est l’origine de mon
engagement pour la collectivité. Nous avons avec un petit groupe d’amis créé le club de tennis en 1983, et en 1989 l’amicale des résidents de Port Camargue. Ces deux associations connaissent
toujours une forte activité, conciliant animation estivale et animation douze mois sur douze. Ceci permet la création de liens entre les résidents permanents, les résidents de longue durée
séjournant cinq à six mois, et les résidents de l’été. Ces lieux du « vivre ensemble » avec : le club de boules à Camargue 2000, l’association des plaisanciers, la SNGPC,
l’ALPC2 sont fondamentaux pour cette vie nouvelle à Port Camargue aujourd’hui et demain.
Lorsqu’on fête les quarante ans de Port Camargue, je sais que l’on veut surtout voir ce qu’il y a de plus positif, et c’est bien normal. Je pense qu’il faut aussi savoir ouvrir les yeux sur
d’autres réalités plus dures à admettre et pour lesquelles il est nécessaire de prévoir et d’agir. Port Camargue, c’est aussi le lieu de tristes parcours. Dans les immeubles, les studios, les
bateaux, et parfois les marinas, on croise des destinées humaines douloureuses : personnes âgées isolées, jeunes chômeurs ou marginaux.
Pour prévoir l’avenir, il faut être conscient de chaque élément : le « vivre ensemble », le développement économique, le respect de l’environnement, les aspirations de tous et les
parcours de vie de chacun.
Docteur Robert CRAUSTE Conseiller Municipal- Conseiller Régional