Conseil Municipal du Grau du Roi, le lundi 19 octobre 2009.
Intervention de Robert CRAUSTE pour le groupe «CAP SUR LE CHANGEMENT»
En ce jour, Monsieur le député maire, où vous proposez une augmentation de 30 % des tarifs de la maison de retraite (ce que nous ne pouvons pas accepter), permettez-moi d’exprimer un point de vue et une proposition au bénéfice de nos aînés.
Nous arrivons, sur le plan démographique, à un point de basculement où un grand nombre de nos concitoyens atteignent le grand âge. Je veux parler de la vie après 80 ans qui, si elle peut être belle à vivre, est aussi souvent la période où vont s’exprimer les fragilités et les dépendances. Parmi cette tranche d’âge, nombreux sont ceux qui vivent isolés.
Notre commune a déjà mis en place certaines mesures comme le portage des repas, la téléalarme, la navette. Le Conseil Général avec l’APA* et le CLIC*, les associations prestataires, le chèque emploi service, les réseaux d’hospitalisation à domicile, l’évolution des pratiques des acteurs de santé en ville, constituent des réponses. Je crois cependant qu’on ne mesure pas suffisamment les besoins tant sur le niveau quantitatif que qualitatif. Pour cette raison, nous proposons que notre commune par l’intermédiaire de son CCAS, dans le cadre des pôles suggérés par notre collègue Claudette BRUNEL, lance une étude pour le diagnostic et l’établissement d’un plan d’action parfaitement adapté qui anticipe sur une demande humaine et sociale forte et éminente.
Ce secteur est et sera pourvoyeur de nombreux emplois, la communauté de communes a commandé un travail sur les emplois de service, le Pays organise un colloque dans les prochains jours sur ce même sujet, il sera fort utile d’en croiser les résultats.
A propos de l’augmentation de 30 % des tarifs de la maison de retraite,
cet augmentation forte et brutale frappe durement nos personnes âgées et leurs familles.
Il ne faudrait pas que cette augmentation pallie aux errances des gestions passées dont vous êtes responsable, Monsieur le député maire, ou encore d’investissements hasardeux, tel que le parking souterrain.
Vous justifiez cette augmentation par l’amélioration des prestations. C’est surtout le fait de l’augmentation de loyer que réclame la commune à la maison de retraite. Il passe de 130 000 Euros à 350 000 €. L’augmentation des tarifs de 30 % procure à peu près les 350 000 € comme si vous faisiez supporter aux pensionnaires la totalité de ce loyer. Ceci abonde au passage les comptes de la maison de retraite de 130 000 €. C’est sans doute une habile gestion, mais cela fait peu cas de l’humain et du pouvoir d’achat des familles.
En l’état nous émettons un avis défavorable à cette augmentation.
Nous fêtons cette année les quarante ans de Port Camargue. Voici près de trente ans, je vissais ma plaque sur le plus grand port de plaisance d’Europe, ce quartier si spécifique du Grau du Roi, encouragé par un ami d’enfance, Jean Pierre CAZALS, chef du Spinnaker. Jeune médecin généraliste séduit par la conception exceptionnellement moderne de cette cité marine, c’est avec enthousiasme que je m’y installai, après avoir poursuivi des études à Montpellier et à Nîmes.
La première personne que je rencontrai, pour lui faire part de mon projet d’implantation, fut le Docteur Jean BASTIDE, alors maire du Grau du Roi. Il fut très accueillant et très favorable à mon idée. Il faut se souvenir que, c’est par sa volonté associée à celle de Jean LASSERRE, qu’a pu se réaliser Port Camargue. Ce ne fut pas facile et nombreux se souviennent que l’actuel député maire, alors conseiller municipal d’opposition, s’était prononcé contre ce projet. Je rendais aussi une visite de courtoisie confraternelle au docteur Gilbert DE PAVANT, pionnier dans le quartier, pour lequel je garde toujours le plus grand respect.
J’allais, du fait de mon métier d’abord et de mon engagement public ensuite, être le témoin et l’acteur de l’évolution du quartier. D’une marina à l’identité balnéaire, ce qu’elle est avant tout et toujours, la station devenait peu à peu un lieu de vie et un lieu d’existence à l’année.
Il est à noter qu’à mon arrivée, on y comptait près de 800 habitants et qu’aujourd’hui ce sont près de 2000 habitants qui y résident. Je pensais en 1982 que l’essor démographique serait plus rapide, il a été finalement assez lent. Il a connu incontestablement des coups d’accélérateur avec la réalisation des lotissements communaux et privés. Une nouvelle génération de propriétaires, notamment dans les marinas, a accédé chèrement à cet habitat si particulier avec la volonté d’en faire des résidences principales. Avant cela, nous avions assisté à une longue et difficile gestation de la vie résidente. J’étais personnellement navré d’entendre qualifier le lieu où j’avais choisi de vivre et de travailler de « Port Macabre » ou encore de recevoir dans mon cabinet des hommes et des femmes nouvellement arrivés pour vivre à l’année, le plus souvent en début de retraite, exprimer un mal-être. Eux qui avaient vécu tant de jours heureux lorsqu’ils y venaient en vacances, avaient tendance à déprimer.
Il restait donc à réussir dans ce cadre paradisiaque conçu pour des vacances de rêves le « bien vivre » et le « vivre ensemble » toute l’année. C’est l’origine de mon engagement pour la collectivité. Nous avons avec un petit groupe d’amis créé le club de tennis en 1983, et en 1989 l’amicale des résidents de Port Camargue. Ces deux associations connaissent toujours une forte activité, conciliant animation estivale et animation douze mois sur douze. Ceci permet la création de liens entre les résidents permanents, les résidents de longue durée séjournant cinq à six mois, et les résidents de l’été. Ces lieux du « vivre ensemble » avec : le club de boules à Camargue 2000, l’association des plaisanciers, la SNGPC, l’ALPC2 sont fondamentaux pour cette vie nouvelle à Port Camargue aujourd’hui et demain.
Lorsqu’on fête les quarante ans de Port Camargue, je sais que l’on veut surtout voir ce qu’il y a de plus positif, et c’est bien normal. Je pense qu’il faut aussi savoir ouvrir les yeux sur d’autres réalités plus dures à admettre et pour lesquelles il est nécessaire de prévoir et d’agir. Port Camargue, c’est aussi le lieu de tristes parcours. Dans les immeubles, les studios, les bateaux, et parfois les marinas, on croise des destinées humaines douloureuses : personnes âgées isolées, jeunes chômeurs ou marginaux.
Pour prévoir l’avenir, il faut être conscient de chaque élément : le « vivre ensemble », le développement économique, le respect de l’environnement, les aspirations de tous et les parcours de vie de chacun.
Docteur Robert CRAUSTE Conseiller Municipal- Conseiller Régional
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